Croquettes pour chien et chat : comment éviter la malbouffe industrielle ?

Chien Chat Conseils généraux
Gros plan sur un chien mangeant des croquettes dans une gamelle.

Whiskas, Friskies, Pedigree, Royal Canin, Felix, Purina One… Ces marques sont omniprésentes en supermarché, joliment packagées, souvent recommandées par la publicité — et parfois même par certains vétérinaires.


Pourtant, un regard attentif sur leur composition révèle une réalité bien moins appétissante que ce que les photos de packaging laissent imaginer. Ce que l'on donne à manger à son animal au quotidien a un impact direct et durable sur sa santé — et mérite bien plus d'attention qu'on ne lui en accorde généralement.


La composition : ce que l'étiquette dit vraiment


Paquet de croquettes pour chien avec une liste d'ingrédients difficile à déchiffrer

La première règle à connaître pour évaluer la qualité d'une nourriture pour animal : les ingrédients sont listés par ordre décroissant de quantité. Ce qui apparaît en premier est ce qui compose majoritairement l'aliment.


Or, dans la grande majorité des marques disponibles en grande surface, le premier ingrédient n'est pas de la viande — c'est une céréale. Riz, maïs, blé, soja, pomme de terre… ces ingrédients bon marché servent avant tout à remplir la croquette à moindre coût, au détriment de la qualité nutritionnelle réelle de l'aliment.


Comme le résument plusieurs experts en nutrition animale : ce qui coûte cher dans l'alimentation, c'est la protéine. Plus un aliment en contient, plus il est cher. Pour faire baisser le prix, on remplace donc la protéine par des céréales — pauvres en protéines, très riches en glucides, et bien moins adaptées au métabolisme carnivore de nos animaux.


Additifs, colorants, arômes artificiels : à quoi servent-ils vraiment ?


Croquettes colorées de différentes teintes, illustrant l'ajout de colorants artificiels

La liste des additifs présents dans les croquettes bas de gamme peut être impressionnante — et la plupart n'ont aucun intérêt nutritionnel.


  • Les colorants artificiels : ils donnent aux croquettes leur couleur appétissante… pour l'œil humain. Le chien ou le chat ne perçoit pas les couleurs de la même façon. Ces colorants n'ont aucune utilité pour l'animal — ils servent uniquement à séduire le propriétaire.
  • Les arômes artificiels : quand la quantité de viande est insuffisante, on compense avec des arômes chimiques pour que l'animal mange quand même. C'est l'équivalent d'un plat industriel humain remplis d'exhausteurs de goût.
  • Les conservateurs chimiques : BHA, BHT, éthoxyquine… certains conservateurs utilisés dans les croquettes bon marché font l'objet de controverses sérieuses quant à leurs effets sur la santé à long terme.
  • Les antioxydants de synthèse : utilisés pour prolonger la durée de conservation, ils peuvent être remplacés par des antioxydants naturels comme la vitamine E dans les aliments de meilleure qualité.
  • Les sous-produits animaux non identifiés : la mention « sous-produits d'origine animale » sans précision de l'espèce ou de la partie utilisée est à prendre avec des pincettes — elle peut désigner des déchets de très faible valeur nutritionnelle.

Ces additifs ne sont pas tous dangereux à court terme — mais leur accumulation quotidienne sur des années de vie de l'animal est une réalité que l'on commence seulement à mesurer.


Le chat : un carnivore strict qu'on nourrit comme un omnivore


Chat regardant ses croquettes avec peu d'enthousiasme, illustrant une alimentation inadaptée

La situation est particulièrement préoccupante pour les chats. Contrairement au chien, qui est omnivore et peut digérer une certaine quantité de glucides, le chat est un carnivore strict — son organisme est physiologiquement conçu pour tirer son énergie exclusivement des protéines et des graisses animales.


Or, la grande majorité des croquettes vendues en supermarché pour chats contiennent des taux de glucides très élevés — parfois supérieurs à 30 ou 40 % — issus de céréales ou de légumineuses que le métabolisme félin n'est pas fait pour assimiler.


  • Le chat ne possède pas d'amylase salivaire : contrairement au chien et à l'humain, il ne dispose pas de l'enzyme nécessaire pour amorcer la digestion des glucides dans la bouche — preuve que son système digestif n'est pas conçu pour en traiter de grandes quantités.
  • Un taux de glucides élevé favorise l'obésité et le diabète : l'explosion du diabète félin observée ces dernières décennies est directement corrélée à l'évolution des régimes alimentaires industriels des chats domestiques.
  • Les protéines végétales ne remplacent pas les protéines animales : le chat a des besoins spécifiques en acides aminés — taurine, arginine — que seules les protéines d'origine animale peuvent fournir. Une carence en taurine peut entraîner des troubles cardiaques graves et irréversibles.
  • Les protéines animales doivent être clairement identifiées : poulet, saumon, dinde… et non pas simplement « viandes et sous-produits d'origine animale », formulation fourre-tout qui ne garantit rien sur la qualité réelle de la protéine.

Nourrir un chat avec des croquettes bas de gamme bourrées de céréales, c'est nourrir un carnivore obligatoire avec l'alimentation d'un omnivore. Son organisme compense — jusqu'au moment où il ne peut plus.


Comment lire une étiquette et faire un meilleur choix


Bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire de dépenser des fortunes pour nourrir son animal correctement. Il suffit de savoir lire une étiquette.

  • Le premier ingrédient doit être une protéine animale nommée : « poulet », « saumon », « bœuf » — pas « viandes et sous-produits d'origine animale ». Et son pourcentage doit être indiqué clairement.
  • Pour le chat, les protéines animales doivent dominer largement : cherchez un taux de protéines supérieur à 35-40 % sur matière sèche, issu exclusivement de sources animales identifiées.
  • Méfiez-vous des listes d'additifs interminables : une bonne croquette n'a pas besoin de dizaines d'additifs pour être complète et équilibrée. Privilégiez les antioxydants naturels (vitamine E, romarin) aux conservateurs de synthèse.
  • Le taux de glucides ne figure pas sur l'étiquette : mais vous pouvez le calculer en soustrayant protéines + lipides + cendres + humidité à 100. Pour un chat, visez moins de 20 % de glucides sur matière sèche.
  • Méfiez-vous du marketing : « naturel », « premium », « avec du vrai poulet »… ces mentions ne sont encadrées par aucune réglementation stricte. Seule la composition réelle compte.

Ce que l'on met dans la gamelle compte autant que le reste


Chat mangeant de la viande crue, naturellement adaptée à son alimentation

L'alimentation est le premier facteur de santé pour un animal de compagnie. Une nourriture de mauvaise qualité, consommée chaque jour pendant des années, peut contribuer à l'obésité, au diabète, aux troubles rénaux, aux problèmes digestifs et à une espérance de vie réduite.

Changer de marque pour une nourriture mieux composée est souvent l'un des gestes les plus simples et les plus impactants que l'on puisse faire pour le bien-être de son animal.

Si vous avez des questions sur l'alimentation adaptée à votre chien ou votre chat — son âge, son poids, ses éventuelles pathologies — n'hésitez pas à en parler lors d'une consultation comportementale. L'alimentation et le comportement sont souvent bien plus liés qu'on ne le croit.

N'hésitez pas à consulter mes services pour un accompagnement global adapté à votre animal.


Pour découvrir d'autres articles consacrés aux chiens et aux chats, cliquez ici : Voir tous les articles